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Fonds - Seigneurs de Rouville | Musée McCord
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Seigneurs de Rouville

Fonds

Seigneurs de Rouville
Date 1695-[ca 1963], surtout 1822-1860
Dimensions25 cm de documents textuels. - 1 photographie. - 1 document cartographique
Numéro d'accessionP107
CollectionMcCord
CréditDon de John L. Russell
Notice Biographique

Né à Trois-Rivières, JOSEPH-FRANÇOIS HERTEL DE LA FRESNIÈRE
(1642-1722) est officier, interprète et commandant. Il épouse en 1664, à
Montréal, Marguerite de Thavenet (1646-1708), avec qui il a 15 enfants. Il
cumule au cours des années les exploits militaires et partage de nombreux faits
d'armes avec ses fils, qu'il initie à ses tactiques de guerre. Sa bravoure et
ses états de service sont reconnus par le gouverneur Louis de Buade de
Frontenac et lui valent d'être anobli en 1716. De son mariage, Joseph-François
hérite en 1694 de la seigneurie de Chambly, qu'il morcelle ensuite en faveur de
quelques-uns de ses fils.



Né à Trois-Rivières, JEAN-BAPTISTE HERTEL DE ROUVILLE
(1668-1722) est le troisième fils de Joseph-François Hertel de la Fresnière et
Marguerite de Thavenet. Comme d'autres membres de sa famille, il commence tôt à
porter les armes et devient enseigne, lieutenant, capitaine à l'île Royale (Île
du Cap-Breton), commandant de Port-Dauphin (Englishtown, NS), puis chevalier de
Saint-Louis. En considération des services rendus pour la défense de la colonie,
Jean-Baptiste obtient le 18 janvier 1694 du gouverneur Frontenac et de
l'intendant Bochart de Champigny une seigneurie attenante à celle de son père.
La seigneurie à laquelle il donne son nom, mais qu'il n'habitera jamais, est
traversée par la rivière des Hurons (Vallée du Richelieu) et bornée par la
seigneurie de Chambly à l'ouest, par celle de Saint-Charles-d'Yamaska à l'est
et par celle de Saint-Hyacinthe au sud; son territoire couvre les actuelles
municipalités de Mont-Saint-Hilaire incluant la montagne, d'Otterburn Park et
de Saint-Jean-Baptiste.



En 1698, il épouse Jeanne Dubois qui décède moins de deux
ans suivant leur mariage. En 1708, il s'unit à Marie-Anne Baudouin (1685-1745),
fille aînée du médecin Gervais Baudouin. Devenue veuve, cette dernière rend foi
et hommage en 1724 au gouverneur pour la seigneurie de Rouville qu'elle partage
avec ses enfants.



JEAN-BAPTISTE-FRANÇOIS HERTEL DE ROUVILLE (1709-1773) est le
fils de Jean-Baptiste Hertel de Rouville et Marie-Anne Baudouin. Il fait comme
son père une carrière militaire et est nommé commandant du fort de Chambly,
puis chevalier de Saint-Louis en 1762. Il épouse en 1733, à Montréal,
Marie-Anne Legras (1696-1776), fille du marchand tanneur Jean Legras et de
Geneviève Mallet. Ayant peu de temps à consacrer à la seigneurie, sa femme
devient sa procuratrice et dirige les affaires de la famille. Le couple a trois
filles qui décèdent en bas âges. Sans héritier direct, Jean-Baptiste-François
vend en 1772 sa part de la seigneurie de Rouville et tous ses droits successifs
à son frère René-Ovide.



Né à Port-Toulouse (Saint-Pierre, NS), RENÉ-OVIDE HERTEL DE
ROUVILLE (1720-1792) est le fils de Jean-Baptiste Hertel de Rouville et
Marie-Anne Baudouin. Contrairement à son père et à ses frères, il privilégie
l'étude du droit plutôt qu'une carrière militaire. En 1741, il épouse
Louise-Catherine André de Leigne (1709-1766), fille de Pierre André de Leigne
et de Claude Fredin. Établi à Trois-Rivières, le couple a cinq enfants.



Il devient lieutenant général civil et criminel (juge) à
l'âge de 24 ans, puis assume la direction des forges du Saint-Maurice dès 1750.
Après le décès de sa première épouse, il se remarie à Montréal en 1767, avec
Charlotte-Gabrielle Jarret de Verchères (1735-1808), veuve de
Pierre-Marie-Joseph Raimbault de Saint-Blaint. Sous le Régime anglais, il est
nommé grand voyer du district de Montréal en 1765, puis gardien de la paix et
commissaire pour le district de Montréal en 1775, au mécontentement de ses
compatriotes. Lorsque les rebelles américains abandonnent Montréal en 1776,
René-Ovide est réintégré dans ses fonctions de magistrat, à titre de juge de la
Cour des plaids communs. À sa mort, à Montréal, la seigneurie de Rouville
revient à son fils Jean-Baptiste-Melchior.



Né à Trois-Rivières, JEAN-BAPTISTE-MELCHIOR HERTEL DE
ROUVILLE (1748-1817) est le fils de René-Ovide Hertel de Rouville et
Louise-Catherine André de Leigne. Officier dans l'armée et dans la milice, il
défend la Couronne britannique lors de l'invasion du Canada par les troupes
américaines en 1775. Nommé juge de paix pour le district de Montréal en 1783,
il épouse l'année suivante Marie-Anne Hervieux (1750?-1819), fille de
Jean-Baptiste Hervieux, négociant montréalais. Le couple a au moins huit
enfants.



Propriétaire d'une demi-lieue dans la seigneurie de Chambly,
Jean-Baptiste-Melchior reçoit de son père une avance d'hoirie comprenant une
demi-lieue à Chambly avec un moulin à farine et il acquiert une autre
demi-lieue au même endroit. Il s'y établit en 1789 et obtient une commission de
colonel de milice l'année suivante. Par droit d'aînesse, il hérite en 1792 de
la moitié de la seigneurie de Rouville et une partie de celle de Chambly.
Partisan du Régime anglais, à l'instar de son père, il devient la même année
député au premier parlement et, en 1812, conseiller législatif. Il reçoit aussi
le commandement du 2
e bataillon de milice de Chambly. En 1813,
il est nommé juge de paix des districts de Québec, de Montréal et de
Trois-Rivières. Inhumé à Chambly, il lègue par testament la seigneurie de Rouville,
dont il a acquis l'autre moitié en 1797, et sa part de la seigneurie de Chambly
à son fils Jean-Baptiste-René.



Né à Montréal, JEAN-BAPTISTE-RENÉ HERTEL DE ROUVILLE
(1789-1859) est le fils de Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville et
Marie-Anne Hervieux. Il embrasse la carrière militaire et devient officier de
milice; il participe notamment à la bataille de Châteauguay en 1813 aux côtés
de Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry, époux de sa soeur Marie-Anne-Julie
Hertel de Rouville. En 1815, il est promu lieutenant-colonel du bataillon de
Chambly et en prend le commandement en 1816. La même année, il épouse Anne
Charlotte de Labroquerie (Boucher de La Broquerie) (1796-1852), avec qui il a
au moins cinq enfants.



Jean-Baptiste-René hérite de la seigneurie de Rouville et
d'une partie de celle de Chambly, en vertu du testament laissé par son père en
1814. Celui-ci stipule toutefois qu'il ne prendra possession des biens qu'au
moment du décès de sa mère, qui survient le 25 janvier 1819. Il devient le premier
seigneur de sa famille à élire domicile dans la seigneurie de Rouville. La
construction de son manoir à Saint-Hilaire débute dès 1819 et, environ deux ans
plus tard, il entreprend de dresser son papier terrier. Élu membre de
l'Assemblée législative de Québec à l'âge de 35 ans, il fait ensuite partie du
Conseil législatif entre 1837 et 1838. En proie à de nombreuses critiques,
notamment concernant sa loyauté durant la rébellion des Patriotes, la
réputation de Jean-Baptiste-René se trouve affectée au cours des années qui
suivent. Malade et financièrement instable, il quitte son manoir et confie la
vente de sa seigneurie de Rouville à son gendre, le docteur Jean-Baptiste
Brousseau. Celui-ci conclut la transaction le 16 avril 1844 au profit de
l'officier et homme politique Thomas Edmund Campbell. Il décède à Boucherville.



Né à Londres, THOMAS EDMUND CAMPBELL (1811-1872) arrive au
Canada en 1837 après avoir servi dans l'armée britannique et est rapidement
promu commandant suivant les insurrections de 1837-1838, puis colonel quelques
années plus tard. En 1841, il épouse Henriette-Julie Juchereau Duchesnay
(1813-1873), fille du seigneur Michel-Louis Juchereau Duchesnay et de
Charlotte-Hermione-Louise-Catherine d'Irumberry de Salaberry. Trois ans après,
il fait l'acquisition de la seigneurie de Rouville et s'installe, en 1846, à
Saint-Hilaire où il se consacre à l'exploitation de son domaine. Il élève,
entre autres, le barrage du lac Hertel, reconstruit le moulin seigneurial,
favorise l'industrie hydraulique et bâtit la première école de la région. De
1847 à 1849, il occupe les fonctions de secrétaire civil du gouverneur du
Canada et de surintendant des Affaires indiennes. De 1858 à 1861, il est élu
député de Rouville et devient également administrateur de la Banque de Montréal
et de la Compagnie du Grand Tronc. Il décède à Saint-Hilaire.



Suivant la mort de Thomas Edmund Campbell, la seigneurie
passe entre les mains de l'aîné, EDMUND ALEXANDER CHARLES CAMPBELL (1843-1902),
qui la cède ensuite à ses frères en 1884. Ces derniers font rapidement face à
des problèmes financiers qui les mènent à morceler la seigneurie en 1892. La
montagne est vendue en 1908 et la ferme subit le même sort en 1942. Le manoir
reste quant à lui la propriété de la famille Campbell jusqu'en 1955, date du
décès de Mabel Allen, épouse de feu Colin Campbell et fille de sir Hugh Allan.




Portée et Contenu

Le fonds porte sur l'histoire des seigneurs de Rouville et
sur leur gestion des domaines de Rouville et de Chambly, principalement de la
fin du 17
e siècle jusqu'à l'abolition du régime seigneurial au
milieu du 19e siècle. Il témoigne de l'administration des censives, de la
perception de revenus féodaux et de la construction des moulins à farine mis à
la disposition des censitaires.



On y trouve un brevet de 1695 et trois copies certifiant
l'obtention par Jean-Baptiste Hertel de Rouville de sa seigneurie, par le
gouverneur Frontenac et l'intendant Champigny. Plusieurs actes de concession et
de vente, des procès-verbaux d'arpentage, un plan daté de 1844, des terriers
ainsi que des reconnaissances (aussi nommées « titre nouvel ») nous informent
quant à eux sur l'attribution des terres de la seigneurie de Rouville, leur
état et les revenus qu'elles génèrent.



La photocopie d'un livre de comptes, vraisemblablement
rédigé par Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville au début du 19
e siècle,
dresse le bilan des dépenses et gains perçus par la seigneurie de Rouville, en
plus de quelques poèmes, d'une recette médicinale et de notes personnelles sur
ses ancêtres. Une estimation des rentes du domaine de Rouville, un bail à loyer
pour une sucrerie située sur les terres de Thomas Edmund Campbell à
Saint-Hilaire, ainsi que des listes d'habitants du domaine de Chambly
témoignent aussi de la gestion comptable des seigneuries.



Le fonds comprend par ailleurs des contrats d'association
concernant les moulins seigneuriaux de Chambly et de Rouville. Le premier, daté
de 1705, est signé par Joseph-François Hertel de la Fresnière et le gouverneur
de Montréal Claude de Ramezay, tandis que le second, daté de 1745, est signé
par Marie-Anne Legras et Louise de Ramezay. Des actes juridictionnels révèlent
également le litige opposant les seigneurs de Rouville à Charlotte Denys de La
Ronde, veuve de Claude de Ramezay, concernant l'exploitation du moulin situé
sur la rivière des Hurons et la réclamation de rentes seigneuriales impayées.
Des livres de comptes rédigés par Joseph Rousseau de 1848 à 1860 et J. Lahaise
de 1888 à 1896 nous renseignent aussi sur les types et quantités de grains
moulus et vendus sur la seigneurie de Rouville.



L'ensemble est complété par un texte tapuscrit retraçant
l'histoire et la généalogie des seigneurs de Rouville par Armand Cardinal,
accompagné d'une photographie de l'auteur et des propriétaires du manoir
Rouville-Campbell vers 1963.




Plan de Classification

P107 Seigneurs de Rouville

     P107/A Généalogie

     P107/B Domaine de Rouville

          P107/B1 Censives

               P107/B1,1 Actes de
concession et de vente

               P107/B1,2 Procès-verbaux
et plan d’arpentage

               P107/B1,3 Terriers et
reconnaissances

          P107/B2 Dépenses et revenus
féodaux

               P107/B2,1 Livre de comptes

               P107/B2,2 Estimation de
rentes

               P107/B2,3 Bail

          P107/B3 Moulin seigneurial

               P107/B3,1 Contrat
d’association

               P107/B3,2 Livres de
comptes

     P107/C Domaine de Chambly

          P107/C1 Censives

          P107/C2 Revenus féodaux

               P107/C2,1 Listes des
habitants

               P107/C2,2 Liste des rentes

          P107/C3 Moulin seigneurial

               P107/C3,1 Contrat
d’association

               P107/C3,2 Actes
juridictionnels

     P107/D Photographie




Notes

Variantes du titre : Anciennement connu sous les
noms de Fonds de Rouville et Fonds de la seigneurie de Rouville.



Source du titre propre : Titre basé sur les
créateurs du fonds.



État de conservation : Plusieurs documents sont
endommagés et fragiles.



Source immédiate d'acquisition : La majorité des
documents ont été offerts en 1963 par M. John L. Russell, mais l'ensemble du
fonds a été constitué par le biais de différentes donations entre 1917 et 2005.



Langue des documents : Les documents sont en
français.



Instruments de recherche : Liste des documents à
la pièce disponible.



Documents connexes :



BAnQ - Vieux-Montréal : Fonds seigneurie de
Rouville-Campbell (P265)



Société d'histoire de la seigneurie de Chambly : Collection
Paroisse Saint-Mathias-sur-Richelieu (P061)



Note générale : La collection Peintures,
estampes et dessins du Musée McCord rassemble plusieurs portraits des seigneurs
de Rouville, peints aux 18
e et 19e siècles.



 



Dernière mise à jour : 5 juin 2018




Status
Non exposé

L’information sur les objets de nos collections est mise à jour afin de refléter les résultats de nouvelles recherches. Si vous avez des renseignements au sujet de cet objet à nous communiquer, veuillez faire parvenir un courriel à reference.mccord@mccord-stewart.ca.

L’information au sujet des droits d’auteur et des reproductions se trouve ici.

Collections en ligne | Musée McCord - Musée d’histoire sociale de Montréal
Succursale de la Banque de Montréal, rue des Seigneurs, Montréal, QC, vers 1895
Succursale de la Banque de Montréal, rue des Seigneurs, Montréal, QC, vers 1895
Wm. Notman & Son
Vers 1895
VIEW-2794
Boulevard Dorchester, côté sud, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1969
Boulevard Dorchester, côté sud, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1969
Edith H. Mather
1969
M2012.113.1.2.64P
Ruelle derrière Dorchester, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1968
Ruelle derrière Dorchester, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1968
Edith H. Mather
1968
M2012.113.1.3.12P
Maison Casgrain, Dorchester Ouest, côté sud, à l’ouest de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1969
Maison Casgrain, Dorchester Ouest, côté sud, à l’ouest de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1969
Edith H. Mather
1969
M2012.113.1.2.59P
Maison Casgrain, Dorchester Ouest, côté sud, à l’ouest de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1969
Maison Casgrain, Dorchester Ouest, côté sud, à l’ouest de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1969
Edith H. Mather
1969
M2012.113.1.2.60P
Dorchester Ouest, côté sud, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1967
Dorchester Ouest, côté sud, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1967
Edith H. Mather
1967
M2012.113.1.2.54P
Dorchester Ouest, côté sud, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1967
Dorchester Ouest, côté sud, à l’est de la rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1967
Edith H. Mather
1967
M2012.113.1.2.55
Rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1966
Rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1966
Edith H. Mather
1966
M2012.113.1.1.31
Rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1967
Rue des Seigneurs, Montréal, Québec, 1967
Edith H. Mather
1967
M2012.113.1.4.60P
M. Colin Campbell costumé en « Seigneur de Rouville, 1760 », aucun groupe répertorié, au bal costumé historique, Montréal, Québec, 1898
M. Colin Campbell costumé en « Seigneur de Rouville, 1760 », aucun groupe répertorié, au bal costumé historique, Montréal, Québec, 1898
Wm. Notman & Son
1898
II-122908
Colin Campbell costumé en « Seigneur de Rouville, 1760 », aucun groupe répertorié, au bal costumé historique, Montréal, Québec, 1898
Colin Campbell costumé en « Seigneur de Rouville, 1760 », aucun groupe répertorié, au bal costumé historique, Montréal, Québec, 1898
Wm. Notman & Son
1898
II-122909.1
Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu
1939-1986
P598

Ce projet est rendu possible grâce au généreux soutien de la Fondation Azrieli et de Patrimoine canadien.